Le courage d’une jeune sœur - Clara Kasten

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Le courage d’une jeune sœur

Le courage d’une jeune sœur - Clara Kasten

Cela faisait plusieurs jours que j’attendais le retour de ma plus jeune sœur. Elle avait trouvé un emploi infirmiere dans une O.N.G. Elle était partie prodiguer des soins dans un camp de réfugiés, à Haïti. Elle était restée un bon moment, sans nous donner de ses nouvelles, jusqu’à il y a quelques jours, où elle nous apprenait son retour. J’étais avec tout le reste de ma famille à l’aéroport de Mirabel pour l’accueillir. Elle nous avait tous beaucoup manqués, et nous étions tous très contents de la savoir en vie, et gardions l’espoir qu’elle soit aussi en bonne santé.

L’accueil fut très chaleureux de notre part. Elle paraissait très fatiguée et un peu déphasée. Nous lui offrions chacun de nous notre hospitalité. Elle préféra rester chez notre mère, car elle disait avoir quelque chose à lui demander. Nous faisions un grand repas pour son retour. Elle paraissait très contente d’être avec nous, mais elle évita toute discussion à propos de ses récentes expériences. Après le repas, elle voulait absolument faire un tour dans un parc pour respirer la tranquillité disait-elle. Elle avait besoin de se vider la tête et cela se voyait. Le soir venu, elle nous annonça qu’elle repartait assez vite dans les camps de réfugiés. Elle voulait que nous l’aidions à amasser le plus de linge possible pour l’emporter avec elle dans les camps. Ma mère se mit tantôt au travail pour honorer le désir de sa fille. Nous nous sentions tous concernés par sa volonté d’agir pour le bien d’autrui.

Deux semaines plus tard, nous avions collecté assez de vêtements pour qu’ils soient contenus dans deux containers pour avions. Une personne de la Croix-Rouge canadienne était venue pour nous aider à remplir tous les formulaires nécessaires pour la demande d’envoi des containers. Je ne savais pas ce moment-là que le simple fait de remplir le formulaire signait en même temps le départ de ma sœur. Elle se sentit obligée de repartir le lendemain sans avertir. Elle se sentait beaucoup plus proche de ceux qui avaient besoin de son aide. Nous étions tous peinés de la voir repartir aussi vite, mais en même temps, nous étions très fiers de son courage et de son dévouement. Le mois suivant, elle fut blessée lors d’un séisme. Nous étions tous très inquiets. Elle revint en boitant, avec une canne, avec dans ses bras, une petite fille de quelques mois, qu’elle tendit à ma mère. Celle-ci était de nouveau grand-mère, et nous étions tous oncles et tantes d’une petite fille bien chanceuse, pour qui nous avions le devoir de lui offrir tout le bonheur de la vie.